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Les Horaires : Mardi au Samedi -midi : le matin sur rendez-vous ; l'après-midi de 15h à 18h30

Le Luthier

Vincent, le marin devenu luthier
Tout petit déjà, Vincent aimait la mer, les bateaux, la musique, le bois. A tel point que sa vie a été faite de tout ça; de ses rêves d'enfant réalisés. A 37 ans, Vincent est probablement le seul luthier, meilleur ouvrier de France et ancien marin de commerce.

<< Je me suis engagé à 19 ans avec un niveau bac dans la marine marchande parce que je ne voulais pas faire d'études longues et parce que j'aimais la mer.>>

Vincent trouve là le moyen de s'affirmer. << La formation se faisait en parallèle avec le travail dans lequel j'étais reconnu. Cela m'a énormément motivé.>> En sillonnant l'Afrique, la mer rouge et l'océan indien il apprend aussi la vie, tout simplement. << Et notamment que les rêves n'empêchent pas d'être sérieux et qu'il faut parfois mettre beaucoup d'énergie pour les réaliser.>>

Motivation
Car Vincent ne se contente pas de vivre sur la mer. Il aime aussi le travail du bois au point de se lancer dans la construction d'un voilier de huit mètres sur lequel il naviguera du côté du Brésil pendant 16 mois. Encore un rêve... << A 27 ans, j'ai quitté la marine. Je ne voulais pas faire ça longtemps et cela me semblait incompatible avec la vie de famille.>>

Le jeune homme était alors suffisamment solide pour envisager une reconversion totale. << J'étais violoniste amateur et j'aimais le bois. J'ai donc décidé d'entamer une formation de luthier.>> Encore une fois, Vincent est bien décidé à mener son rêve jusqu'au bout.

<< Avant de démarcher les luthiers susceptibles de m'accepter en apprentissage, j'ai fabriqué un violon tout seul. Je voulais leur prouver ma motivation.>>

La seconde carrière de Vincent était partie.

Cinq ans de formation
Durant cinq années, il va se former et apprendre son métier auprès d'autres luthiers. Une forme de compagnonnage. << J'étais trop vieux pour entrer dans une école de lutherie ( où l'âge limite est de 17 ans>>

De maître en maître, il va développer sa dextérité, exercer son oreille et acquerir une solide formation générale en matière d'histoire de la lutherie.

En 1990, il décide de s'installer à son compte au 68 du quai de la Fosse. Sa spécialité: la fabrication, la réparation et la restauration d'instruments de quatuor à cordes: violon alto, violoncelle et contrebasse. Un métier qu'il affectionne sans tomber dans la démesure de la passion: << J'aime aussi beaucoup faire de la planche à voile, peindre et jouer de la musique.>> Sur ce dernier point, il n'ose s'étendre de peur de choquer les classiques purs et durs!
Sujets imposés
En 1993, il s'inscrit au 19e concours << Un des meilleurs ouvriers de France>>. Un concours national triennal récompensant les meilleurs ouvriers dans 124 métiers. <<Pour les luthiers, nous avions deux sujets imposés. Fabriquer deux violons (un vernis et jouable et un autre ouvert) et restaurer une tête de violon et une table>>. Vincent Schryve va y consacrer plus de 800 heures! Soit quinze mois de travail! Un véritable défi ou sa dextérité, son ingéniosité et son intelligence vont êtres mises à rude épreuve.

<< Je ne croyais pas vraiment remporter le titre. Plus l'échéance arrivait, plus je doutais de mon travail>>. A tort puisque, le 2 avril 1995, il apprend qu'il a été nommé meilleur luthier. Ouf!

<<Une sensation de bonheur indescriptible>> avoue Vincent.

A la clé de ce titre, pas d'argent mais le prestige d'être reconnu par la profession et l'honneur d'être reçu, le mardi 24 mai, par le président de la République François Mittérant à l'Elysée.